Pourquoi les développeurs ne font-ils pas rêver les jeunes ?

Les entreprises s’arracheraient les développeurs. Signe de la pénurie : un ratio d’1,5 candidat pour une seul offre d’embauche d’après une étude Pôle emploi. Star du marché de l’emploi, le métier de développeur ne fait pourtant pas rêver les jeunes générations selon une étude YouGov. 57% des hommes et 73% des femmes de 18-34 ans ne seraient effectivement pas tentés par l’aventure. C’est que les stéréotypes ont la vie dure…

Le développeur est un geek en sweat à capuche

C’est bien connu, le développeur code seul dans sa cave, en sweat à capuche, la main dans un bol de chips. C’est que le mythe du geek est tenace.  Et ce ne sont pas les icônes de la Tech comme Elon Musk ou Mark Zuckerberg qui prouvent le contraire. En France, le métier de développeur souffre d’une telle mauvaise image que les jeunes générations ne parviennent pas à s’y identifier.

Selon l’étude Yougov, seuls 8 % des 18-34 aspireraient vraiment à devenir développeur. Par ailleurs, selon Marie-Benoîte Chesnais, directrice technique de CA Technologies, le manque d’appétence des jeunes pour le métier s’expliquerait aussi par le fait qu’ils sont bien plus consommateurs de l’informatique qu’afficionados.

Où sont les femmes ?

Deuxième facteur du manque d’attractivité de la profession : la faible représentation de la gente féminine. En effet, dans les métiers du numérique,  la mixité est loin d’être au rendez-vous. Pire : la part des femmes serait en nette régression. Au début des années 1950, elles représentaient 40% de la profession. Aujourd’hui, elles sont 33 % selon l’Observatoire paritaire des métiers du numérique. Le tord à un secteur réputé machiste. En 2017, l’école 42 a été épinglée pour des cas de sexisme. Et, plus généralement, 53 % des femmes ont déjà reconnu avoir été harcelées en école d’informatique selon une étude réalisée par Social Builder.

Des salaires en berne ?

Rois de la négoce, les développeurs gagneraient bien leur vie. Or, la vie dorée des codeurs est aussi un stéréotype. A l’échelle internationale, le salaire d’un développeur français fait effectivement pâle figure face à la concurrence.

Selon une étude de Codingame en 2019, le salaire d’un développeur français moyen serait de 53 515 dollars contre 95 737 en Suisse et 100 515 dollars aux Etats Unis. Une différence qui pousse la main d’œuvre à l’expatriation. Ce n’est donc pas pour rien que le Canada est devenu l’eldorado des expatriés informatiques français.

A l’heure où les entreprises éprouvent des difficultés d’embauche, redorer l’image du développeur paraît nécessaire. Elle passera par de meilleures formations métiers, des opérations de sensibilisation au sexisme et à la revalorisation salariale.

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